Nos égos... c'est pas une mince affaire...

14/03/2025

Ce besoin irrépressible d'avoir la sensation d'être unique. Ce besoin de l'égo de se mettre toujours au centre et non en périphérie. Cette déchirure interne que l'on ressent lorsque l'on n'est plus le centre de l'attention. On vit toutes et tous ces moments là, à petites ou grandes échelles selon notre degré de notoriété, notre position sociale, notre position familiale. Cette compétition incessante que nous nous infligeons les uns, les unes, avec les autres, chacun, chacune, dans ses catégories, car nous en avons plusieurs, c'est épuisant en fait. Même si cette compétition semble être toute de rondeurs et de politesses apparentes, c'est épuisant, car cela nous semble vital d' être le centre des attentions, des félicitations, des gratifications, de la reconnaissance même à toute petite échelle, même au sein d'un couple, même au sein de la famille, même avec les meilleures intentions du monde et un foyer tout rempli d'amour et de bienveillance. Nos égos se repaissent de ce qui semblent être des victoires, des réussites, des accomplissements. C'est un combat de haute lutte pour toujours rester dans le juste milieu, pour ne pas se faire totalement dévorer, pour ne pas trop nourrir cette bête en nous effroyablement gourmande. Parce qu'il n'est pas question non plus de disparaitre, comme en ce moment ces femmes Afghanes à qui justement l'on vole la totalité de leur égo, toutes leurs personnalités, tout ce qu'elles ont a offrir au monde, ces femmes à qui l'on demande d'être au service et uniquement au service, esclaves sans voix, sans personnalités, sans envies, sans besoins, sans appétit. Elles seront alors sûrement le centre du monde affectif de leurs enfants, leur égos brimés se nourriront intensément de cela et elles mourront de chagrin et de solitude lorsque leurs enfants devenus adultes quitteront le nid. Et si elles ne sont le centre de rien, jamais, isolée de tout et de tous, alors la folie est là qui guette car l'égo a besoin d'être nourri inexorablement. Il viendra créé un monde pour pouvoir y exister.
C'est dingue cet équilibre instable que nous devons apprendre à maîtriser : Comment nourrir raisonnablement notre égo.
Comme cela crée des dégâts effrayants, effroyables lorsque nous perdons le cap, tant au niveau personnel que familiale ou sociétale ... La voix du juste milieu... L'éternel questionnement... La dérision... L'humour... La tendresse... La douceur avec soi même, avec les autres... Savoir être seul-e et serein, sereine... Faire taire la jalousie qui nous attrape toujours sur différents terrains et prend multiples visages... Relativiser... Et j'en passe et j'en passe... Quel taf d'être humain ! Un frère de cœur me disait qu'il faudrait être payé (puisque nous sommes dans un monde d'argent, hélas...) pour accomplir sereinement ce travail à temps plein, constamment fragile et instable, travail sur soi qu'il nous faut reprendre continuellement et peaufiner toute notre vie, car nous ne sommes jamais figé-es, jamais fini-es, jamais arrivé-es, même à la toute dernière minute de notre vie. Nous sommes des êtres furieusement émotionnels et sensoriels aux pensées toujours en mouvements toute la vie. Nous sommes tellement imparfaits, avec en nous cet égo qui désire la perfection pour que le regard des autres l'anoblisse à jamais... Nous sommes égotiques à souhait et cette époque toutes faites d'images égocentrées nourrit le monstre à lui en faire péter les neurones. Dure bataille pour ne pas céder à l'appel déchirant de son addiction, pour maîtriser le manque et tenir à distance ce besoin irrépressible de l'aval des autres. Dur combat pour ne pas se faire manger par notre propre monstre intérieur.
Lumineuses salutations.
Le 14 mars 2025.